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Julien, enfant de la classe moyenne, rêve d'échapper à son monde brutal pour entrer au prestigieux collège de Saint-Oswald, dont son père est le concierge. Petit à petit, il s'infiltre dans le collège, se fondant dans la masse des élèves, où il rencontre Léon, qui deviendra son ami. Cette amitié étrange et destructrice se terminera par un drame et, vingt ans plus tard, Julien revient à St-Oswald en tant que professeur, bardé de faux diplômes. Il met en place sa vengeance pour faire tomber les autres profs, un à un, ainsi que la réputation e l'école, grâce à une machination diabolique soigneusement préparée.

Une fois entrée dans ce roman, impossible de le lâcher ! Les chapitres, illustrés chacun d'une pièce de jeu d'échec, alternent les points de vue de Julien qui raconte à la fois son enfance et son infiltration à St-Oswald, et celui d'un vieux professeur de latin, bougon et attachant, témoin du passé et du présent, des souvenirs de Julien et de l'étrange entreprise de destruction de l'école entamée par un mystérieux personnage. Le suspense vient du fait que, pour ce qui est du temps présent, il est impossible de deviner qui est Julien, parmi l'équipe des professeurs.

Les événements et les catastrophes s'enchaînent, et le lecteur passe de suppositions en suspicions, guidé par le témoin qu'est le vieux professeur, Roy Straitley.

Si je vous dis que j'ai terminé ce roman, par ailleurs, très bien écrit, à trois heures du matin, cela vous donne une idée : rares sont les livres qui accrochent à ce point, tout en laissant une impression de futur "classique de ma bibliothèque, que je relirai plusieurs fois". 

Un petit regret de rien du tout : les citations latines de Roy Straitley, pour la plupart de joyeuses injures ou piques lancées envers ses collègues, ne sont jamais traduites ! Une frustration pour le lecteur non latiniste.

La fin est tout simplement renversante, je crois même avoir poussé une exclamation tout haut (toujours à trois heures du matin). A lire, donc, pour passer un excellent moment de lecture !

"Je ne dois pas m'endormir sur mes lauriers pourtant. si ma couverture paraît solide, le moindre faux pas pourrait mener à un désastre. (...)
Je me méfie aussi de Roy Straitley. Ni le proviseur, ni Mat ni Strange ne m'ont accordé un second regard mais pour Straitley c'est différent. Il a l'oeil aussi vigilant et l'esprit aussi alerte qu'il y a quinze ans. (...).

Bien sûr, il a vieilli. proche de la retraite maintenant sans doute, pourtant il n'a pas changé. Toujours les mêmes manières un peu affectées, la toge, la veste de tweed, les citations latines. Pour lui, aujourd'hui, je me suis presque senti de l'affection, comme celle que j'aurais ressentie pour un vieil oncle que je n'aurais pas revu depuis des années. Mais, derrière son déguisement, je le reconnais, même si lui ne me reconnaît pas. Je sais qu'il est mon ennemi.

J'avais cru qu'à mon arrivée j'aurais appris qu'il était parti en retraite. D'une certaine façon, cela m'aurait facilité les choses, mais après aujourd'hui, sa présence m'a mis le coeur en joie. Elle ne fait qu'ajouter du piquant à une situation qui me plaît déjà beaucoup. D'ailleurs, le jour où Saint-oswald tombera sous ma main, je veux que Roy Straitley en soit témoin".